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mardi 22 mai 2007

Bulles




"L'école de la vie n'a point de vacances."
- Proverbe français



"Quand maman est fatiguée, pourquoi c'est moi qui doit aller se coucher ?"
- Paroles d’enfant

mardi 13 mars 2007

POUR l’éducation individuelle
(CONTRE l’éducation de masse)


Selon moi, l’éducation de masse nécessite un moule. Par conséquent, elle ne peut convenir à tous et chacun en même temps.

Par conviction et par expérience, nous réalisons à quel point un apprentissage fait au bon moment «carpe diem» reste gravé dans la mémoire et possède une base solide sur laquelle construire. Et ce, peu importe de quel type d’apprentissage il s’agit, que ce soit intellectuel, manuel, scientifique… et à propos de quelque matière ou sujet que ce soit : cuisine, mécanique, langues, mathématiques, droit…

L’éducation à la maison permet ce genre d’apprentissage, cette éducation individuelle / unique. L’éducation de masse qu’elle se vive en garderie, à l’école primaire, secondaire, collégiale, universitaire, qu’elle soit faite par les médias ou au travail passe dans un moule préalablement établi et rejoint supposément tout le monde. Peut-être qu’elle rejoint tout le monde en général, mais nous croyons qu’elle ne rejoint pas grand monde en particulier.

Faites le test! Écoutez les nouvelles ce soir, choisissez-en une en particulier et parlez à tous les gens que vous connaissez ou que vous rencontrerez demain, voisins, collègues, parents, amis. Demandez-leur ce qu’ils ont compris et ce qu’ils pensent de cette nouvelle. Vous verrez bien. On peut faire le même test avec l’école… les profs le voient bien. Pourquoi tous les étudiants, dans une même classe, qui ont reçu le même enseignement, n’ont-ils pas tous les mêmes réponses lors de l’examen? Bizarre, non? Il faut bien voir que plus le groupe est grand (par exemples : une assemblée générale, une conférence, une émission de télé à grande cotes d’écoute), moins le message est compris. Par contre, prenez le temps de vraiment communiquer avec une seule personne et elle vous comprendra très probablement, et ce, même si vous n’êtes pas du tout du même milieu, du même âge.

L’éducation en famille, l’éducation individuelle, se fait sur la base du un à un, du cas par cas. Chaque enfant apprend à son rythme, selon ses intérêts et selon son vécu du moment. Lorsqu’il a une question, on lui répond. Lorsque survient un problème, on l’outille et on l’encourage à l’affronter et à le résoudre. Au besoin, on lui enseigne ce qu’il veut savoir. On fait la même chose avec les gens qu’on rencontre, on les renseigne sur notre mode de vie chaque fois qu’ils posent une question. De même avec les Commissions Scolaires ou le MELS. C’est tout le contraire de l’éducation de masse qui veut renseigner d’un seul coup un grand nombre d’élèves, de personnes, de travailleurs, de citoyens. En fait, l’éducation est la nourriture de l’esprit, de la pensée. Et on reconnaît aisément la différence entre la nourriture industrielle, par exemple celle faite et servie dans les hôpitaux, et la nourriture cuisinée à la maison.

Comment et surtout pourquoi voudrait-on vraiment s’assurer que tous les Québécois soient au courant en même temps de ce qu’est l’école maison? Qu’ils en aient la même définition, la même impression? Et à quoi ça servirait que tout le monde pense la même chose en tout temps? Pourquoi vouloir à tout prix faire de l’éducation de masse au sujet de l’école maison qui en est le contraire? Sinon pour contrôler… la masse?

Patricia, membre LEMAQ

jeudi 22 février 2007

Ils apprennent tout le temps
par John Holt

Parmi tout ce que j’ai appris au sujet des enfants, en traînant avec eux des années et des années, en observant avec soin ce qu’ils font et en y réfléchissant : les enfants sont des apprentis nés.

Ce dont nous pouvons être sûrs, c’est qu’ils ont un désir passionné de comprendre autant qu’ils peuvent du monde, même ce qu’ils ne peuvent voir ni toucher, et tant qu’ils peuvent, d’acquérir des compétences et du pouvoir sur ce monde. D’ailleurs, ce désir, ce besoin de comprendre le monde et d’y agir, comme les grandes personnes, est si fort que nous pourrions à juste titre l’appeler biologique. Il est en tous points aussi fort que les besoins de nourriture, de chaleur, d’abri et de confort, de sommeil et d’amour. En fait, on pourrait soutenir qu’il est plus fort que tous ceux-ci.

Un enfant qui a faim, même un tout petit bébé qui ressent sa faim comme une réelle douleur, s’arrêtera de manger, de téter ou de boire si quelque chose d’intéressant arrive, parce que ce petit enfant veut voir ce qui se passe. Cette curiosité, ce désir de donner un sens à ce qui se passe, se tient au cœur de la sorte de créature que nous sommes.

Les enfants ne sont pas seulement extrêmement doués pour apprendre, ils le sont bien plus que nous. En tant que professeur, il m’a fallu longtemps pour comprendre cela.

J’étais un enseignant ingénieux, plein de ressources, habile à imaginer des plans de cours, des démonstrations, des dispositifs motivants et toute cette panoplie. Et seulement très lentement, et douloureusement – croyez-moi – j’ai vu ceci : à mesure que j’enseignais moins, les enfants se mettaient à apprendre plus. Je peux résumer en quelques mots ce que j’ai finalement conclu sur mon métier. La version longue est : «l’apprentissage n’est pas le produit de l’enseignement». L’autre est : «Enseigner ne fait pas apprendre». Je l’ai déjà dit, l’éducation organisée se base sur un postulat : les enfants apprennent seulement quand, parce que et ce que nous leur enseignons. Ceci n’est pas vrai, et c’est même presque faux à 100%. Ce sont les apprenants qui font l’apprentissage, ils le créent. Ceci a été oublié parce qu’on a transformé l’activité d’apprendre en un produit baptisé «Éducation». De même, la discipline de s’occuper de sa santé est devenu le produit des «Soins Médicaux». L’activité de s’enquérir du monde est devenu celui de la «Science», une spécialité pratiquée par des gens équipés d’appareils compliqués coûtant des milliards de dollars.

Mais la santé n’est pas un produit et la science, nous la pratiquons tous chaque jour de notre vie. En fait, le mot est synonyme d’apprentissage.

Que faisons-nous lorsque nous créons du savoir? Et bien, nous observons, nous regardons, écoutons, nous touchons, goûtons, sentons, manipulons, et parfois nous mesurons et calculons. Ensuite, nous nous demandons « pourquoi est-ce comme ceci?» ou « est-ce que ceci a fait arriver cela? » « pouvons-nous protéger nos haricots des charançons? » ou « pouvons-nous produire plus de fruits? », « …réparer la machine à laver? », etc... Ensuite, nous inventons des théories que les scientifiques appellent des hypothèses (…) et nous les vérifions.

Nous pouvons les vérifier simplement en demandant à ceux dont nous pensons qu’ils savent plus que nous, ou par des observations plus poussées. (…) Ce processus crée du savoir et nous le pratiquons tous. Ce n’est pas le domaine réservé de scientifiques ou d’universitaires reconnus. Nous le faisons, et c’est exactement ce que font les enfants aussi. Ils sont attelés à ce travail du lever au coucher. Quand ils ne sont pas en train de manger ou de dormir (et encore)*, ils créent du savoir. Ils observent, pensent, spéculent, théorisent, vérifient, expérimentent sans cesse, et ils sont bien meilleurs que nous pour ça.

L’idée même que nous pouvons enseigner aux petits enfants comment apprendre a fini par me sembler totalement absurde. (…)

Ce que nous pouvons faire de mieux pour les aider n’est pas de décider ce qu’ils devraient apprendre, et d’imaginer des moyens ingénieux de leur enseigner, mais de leur rendre le monde accessible autant que nous pouvons, de faire sérieusement attention à ce qu’ils font, de répondre à leurs questions s’ils en ont, et de les aider à explorer ce qui les intéresse le plus. Les façons de faire cela sont simples. Elles sont comprises facilement par les parents et ceux qui aiment les enfants et prennent la peine de tenir compte de ce qu’ils font et de réfléchir à ce que cela peut signifier.

En résumé : ce que nous devons savoir pour être capables d’aider les enfants à s’instruire n’est pas obscur, technique ou compliqué, et les matériaux que nous pouvons utiliser pour cela se trouvent autour de nous, à portée de nos mains.

(Les enfants d’abord, no 29, Automne 1997)
* commentaire de la traductrice

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Gaia écrit maintenant sur son blog personnel Apprentissage Infini