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mercredi 15 octobre 2008

Reproduire le système à la maison

« Quelle portion de notre éducation est véritablement constructive, réellement consentie? Le travail manuel est trop souvent réduit à la confection de quelques objets fabriqués sous l’œil d’un expert. Même le système Montessori, reconnu comme un système d’enseignement imaginatif dirigé, n’est qu’un moyen artificiel de faire apprendre à l’enfant par l’activité. Je ne vois là rien d’imaginatif.

À la maison, on force constamment l’enfant à apprendre quelque chose. Dans presque tous les foyers, il y a toujours un adulte sans maturité d’esprit qui se précipite pour montrer à Tommy comment fonctionne son nouveau train électrique. Il y a toujours quelqu’un qui met bébé sur sa chaise quand il veut examiner quelque chose sur le mur. Chaque fois qu’on montre à Tommy comment marche son train électrique, on lui vole sa joie de vivre—la joie de la découverte—,la joie de vaincre l’obstacle. Bien pis, on l’amène à croire qu’il est inférieur et dépendant d’une aide extérieure.

Les parents sont lents à comprendre que l’enseignement donné à l’école ( ou dans leur école à la maison ) n’a vraiment aucune importance. Les enfants, comme les adultes n’apprennent que ce qu’ils veulent. Tous les prix, toutes les notes, tous les examens ne font que dévier le développement naturel de la personnalité. Seuls les pédants prétendent que l’on s’instruit dans les livres.

Les livres sont ce qui compte le moins à l’école ( ou dans nos écoles à la maison). Tout ce dont un enfant a besoin, c'est de savoir lire, écrire et compter; pour le reste, des outils, de la pâte à modeler, des sports, du théâtre, de la peinture et de la liberté suffiraient.

La majeure partie du travail de classe effectué par les adolescents n’est qu’une perte de temps, d’énergie et de patience. Il vole à la jeunesse son droit à jouer, à jouer encore et à jouer encore plus; il met de vieilles têtes sur de jeunes épaules.

Au cours de mes conférences dans les Écoles normales, je suis souvent ahuri par la manque de maturité de ces filles et ces garçons pleins de savoir inutile. Ah! ils en savent des choses. Ils brillent dans la dialectique, ils citent les classiques—mais dans leur perspective sur la vie, beaucoup d’entre eux sont des nouveau-nés. Tout cela parce qu’on leur a appris à savoir mais qu’on ne leur a pas permis de ressentir. Ces jeunes gens sont aimables, plaisants, passionnés, mais quelque chose leur manque – le facteur émotif, le pouvoir de subordonner la pensée au sentiment. Je leur parle d'un monde qui leur a manqué et qui leur manquera toujours. Leurs livres d'étude ne traitent pas du caractère humain, de l'amour, de la liberté, de l'autodétermination. Et ainsi le système se perpétue qui ne cherche ses modèles que dans les livres et qui sépare la tête du coeur.

Il est temps de remettre en question la notion de travail telle qu'elle est conçue dans nos écoles (ou dans nos écoles maison ). C'est aujourd'hui un dogme que l'enfant doit apprendre les mathématiques, l'histoire, la géographie, un peu de sciences, un peu d'art et, évidemment, la littérature. Il est temps que nous réalisions que la moyenne des jeunes ne s'intéresse pas beaucoup à aucun de ces sujets.

Je ne dénigre pas l’étude. Mais elle devrait venir après le jeu. Et elle ne devrait jamais être assaisonnée de jeu pour la rendre plus agréable au goût.

Étudier est important – mais pas pour tout le monde. Nijinsky1 n'avait pas pu passer ses examens à Saint-Pétersbourg et il lui était impossible d'appartenir au Ballet National russe sans ces examens. D'après une biographie, le Ballet National lui prépara un examen fictif, lui remettant les réponses en même temps que les questions. Quelle perte ç'eut été pour le monde si Nijinsky avait réellement dû passer ses examens.

Les créateurs apprennent ce qu’ils veulent apprendre, afin d’avoir les outils que leur originalité et leur génie exigent. Nous n’avons aucune idée des créations qui sont tuées dans les salles de classes ( ou dans nos maisons) où l’on insiste sur la nécessité de l’étude.

[...]

Si un maître d'école (ou un parent) qui voit des enfants jouer avec de la boue cherche à rendre l'expérience plus excitante en faisant une dissertation sur l'érosion du sol, quelle fin poursuit-il ? Y a-t-il des enfants qui s'intéressent à l'érosion ?

De nombreux prétendus éducateurs ne se soucient pas tant de ce que l'enfant apprend que de ce qu'on lui enseigne. Et, naturellement, avec les écoles que nous avons – où l'on fabrique en série -, que peut faire un maître d'école, sinon enseigner quelque chose et se convaincre que l'enseignement en lui-même est ce qui importe le plus ?

[...]

[...] Je ne raconte pas cela avec arrogance mais avec tristesse, afin de montrer à quel point les murs des salles de classe et les prisons que sont nos bâtiments scolaires réduisent la perspective de l'enseignant et l'empêchent de voir ce qui est essentiel dans l'éducation. Son travail ne concerne que cette partie de l'enfant qui est située au-dessus du cou et, forcément, la partie émotive et vitale chez l'enfant est pour lui un territoire étranger.

Je voudrais voir une plus grande rébellion chez les jeunes enseignants (et chez les parents) . Ni les études poussées, ni les diplômes universitaires ne pèsent dans la balance quand il faut faire face aux maux de la société. Un névrosé savant n’est en rien différent d’un névrosé moins savant.

Dans tous les pays, qu'ils soient capitalistes, socialistes ou communistes, des écoles sont bâties pour éduquer les jeunes. Mais les laboratoires et les ateliers rutilants n'aideront pas John, Pierre ou Ivan à surmonter les troubles émotifs et les maux sociaux entretenus par la pression qu'exercent sur eux leurs parents et leurs maîtres, aussi bien que la pression coercitive de notre civilisation. »

Bonne réflexion

Savane

Extrait de : « libres enfants de summerhill » , Alexander S.Neill, ISBN 978-2-7071-4216-0

NOTE: Les parenthèses en bleu sont de LEMAQ


1Vaslav Fomitch Nijinski, 1889-1950 -Danseur et chorégraphe russe d'origine polonaise.

dimanche 14 septembre 2008

URGENT - Les 10 plus gros mensonges sur l'école à la maison



Les 10 plus gros mensonges sur l'école à la maison

Auteure: Sylvie Martin-Rodriguez
Éditions: Dangles, 2008
ISBN: 978-2-7033-0749-5

INTRODUCTION
(extraits, pages 9 et 10)

Ne pas aller à l'école est un tabou majeur. [...]
Il existe des parents qui font le choix de ne pas scolariser leurs enfants à une époque où aucune remise en question de la scolarisation n'est possible (ni même pensable). Passer outre n'est pas sans conséquences pour ces familles qui ressentent rapidement le sacrilège que l'acte de ne pas scolariser évoque pour notre société tout entière.
[...]

Ivan Illich1 cerne parfaitement la situation dans laquelle se trouvent ces familles, quand il dit: «Tous font confiance au traitement que seule l'institution peut entreprendre et, par conséquent, tout accomplissement personnel en marge de l'institution sera matière à suspicion.»
[...]
Tant de méconnaissance nuit profondément au bonheur de ces familles, qui demandent simplement de ne pas être traitées comme des criminels en puissance, alors qu'elles ont fait un choix éclairé en toute légalité et dont l'idéal pourrait correspondre à cette citation du philosophe anglais John Dewey2 : « Apprendre ? Certainement, mais vivre d'abord, et apprendre par la vie, dans la vie. »
[...]


MENSONGE N° 1
L'école est obligatoire
(extraits, pages 13, 19, 20, 23 et 25)

C'est faux. [...]

Tout passe par l'école
Cette croyance en l'école obligatoire est profondément ancrée dans les esprits et n'est pas sans répercussions sur la vie des familles non sco.
[...]
Ce mensonge sur l'obligation scolaire entraîne une vision déformée des enfants et de leurs besoins et l'apparition d'une sorte de mue de l'enfant en élève.
L'enfant se transforme en élève
À partir de l'âge de 3 ans (quelquefois bien avant), l'intérêt ne se porte plus sur la personnalité de l'enfant, sur son essence même, mais sur sa vie scolaire. On lui demande en quelle classe il est, si sa maîtresse est gentille, s'il est sage à l'école, s'il a fait ses devoirs, s'il a de bonnes notes... Ceci tout naturellement, comme si les enfants venaient au monde avec un cartable et un mode d'emploi où serait inscrite en toutes lettres la mention « biologiquement destiné à être scolarisé ».
[...]

Amnésie collective ?
L'oubli collectif, par la culture scolaire, de ce qu'est un enfant, oubli dû notamment à la croyance en l'école obligatoire, entraîne pour les parents l'apparition d'un sentiment d'incpacité à être avec leurs enfants. La vie en leur compagnie leur paraît exiger des compétences surhumaines, qui ne pourraient être acquises que par les spécialistes de l'éducation.
[...]

L'école, une option ?
Peut-on imaginer que l'école ne soit pas une option ? [...]
Pour les enfants qui n'ont pas été immergés dans cette notion d'obligation scolaire, l'option ne se présente pas parce que, pour eux, grandir sans école est normal. C'est une vie contre culture dominante, pas contre nature.

Fin des extraits


Mes commentaires :

Il est URGENT que chacun lise le livre « Les 10 plus gros mensonges sur l'école à la maison ».

« Les 10 plus gros mensonges sur l'école à la maison » est le livre de l'année 2008, et il sera certainement le livre de la décennie en ce qui concerne le sujet tabou de l'apprentissage hors-les-murs. Sylvie Martin-Rodriguez s'est livré à un exercice fastidieux: colliger des dizaines d'études et de lectures en plusieurs langues, les lire, les annoter, se les résumer, écrire dans un style direct pour aller droit au but. Elle réussit avec brio à toucher le coeur des lecteurs, les aide à remettre en question toutes les idées reçues sur l'éducation, l'enfance, mais surtout sur l'école et le système d'éducation. Un travail fou. Je la remercie publiquement pour cet acte de grande portée sociale, ce geste de solidarité envers les familles qui vivent l'école maison partout dans le monde, cette démarche qui démontre un grand amour pour tous les humains en faisant le choix d'agir pour ne pas les laisser dans la peur dûe à l'ignorance.

« Les 10 plus gros mensonges sur l'école à la maison » est si bien écrit qu'il sera l'allié, le guide de tous les parents qui ont choisi ce projet de vie qu'est l'éducation en famille. Trop souvent on nous pose des questions, toujours les mêmes, ces questions qui nous font rêver d'avoir un écriteau sur le front où s'afficheraient les réponses qu'on s'épuise à répéter jour après jour quand on ne se retrouve pas face à l'un de ces hurluberlu, bien intentionné (mais on ne sait pas trop pour qui...?), qui nous inonde de questions, histoire de nous empêcher de respirer et d'avoir le temps d'y répondre vraiment. Si vous en avez marre de vous répéter, prêtez le livre de Sylvie Martin-Rodriguez... et retournez vite vivre avec votre famille.

« Les 10 plus gros mensonges sur l'école à la maison » est le livre dont toute famille a besoin, celui qu'il faut absolument laisser traîner sur la table du salon, de la cuisine ou dans la salle de bain. Celui qu'on offre en cadeau aux grand-parents, à la belle-soeur, à un ami et au voisin un peu inquiets et qui se permettent de douter ou de remettre en question vos choix de vie personnels (comme si ça les regardait). Mais, c'est également le livre dont on suggère la lecture au personnel des écoles et des Commissions Scolaires, à Madame la Ministre de l'Éducation, et même, ou peut-être surtout, à Monsieur le Premier Ministre. C'est le livre que tout regroupement de familles d'école maison doit se procurer afin de pouvoir en faire le prêt à toute nouvelle famille qui se joint au groupe, histoire d'arrêter de perdre du temps sur le fond et de pouvoir mettre les énergies si précieuses de chacun/chacune à vivre avec nos enfants.

« Les 10 plus gros mensonges sur l'école à la maison » m'a fait du bien. Je souhaite à tous de prendre le temps de le lire et de le relire. Il me donne le goût de continuer mon implication sur ce blog et même plus, de créer un fonds afin de faire l'achat de plusieurs exemplaires qu'on pourrait offrir à certaines personnes afin d'aider à l'ouverture d'esprit et mettre fin à l'ignorance de notre société québécoise trop civilisée pour être restée humaine. Si vous n'arrivez pas à mettre la main sur ce livre, demandez à votre libraire de le commander chez le distributeur au Québec qui est le groupe Raffin. N'hésitez pas à m'écrire au besoin, je tenterai de vous aider.

Heïdi

1Illich, Ivan – Une société sans école, Le Seuil, 1971.
2Dewey, John – Philosophe (1859-1952)




jeudi 7 août 2008

Libre pour la vie

Il me fait plaisir de partager le tout début de mon évolution vers la liberté ainsi que le chemin qui m’y a conduit. Il y a tout un bagage en arrière de cela. Je ne sais pas si j'arriverai à bien tout communiquer afin que vous compreniez vraiment ce qui s'est passé mais j’ose le faire pour le bien-être de nos enfants.

La solitude, ça fait très longtemps que je la vis. Mes souvenirs d'enfance sont marqués d'incompréhensions et de solitudes, mes questionnements n'ont pas été nourris mais plutôt étouffés. Ma mère a toujours reconnu ma différence sans toutefois savoir comment s'y prendre avec moi mais je peux dire que le jour où elle m'a dit:
« TERMINÉ l'école ! Fini, tu n'y retournes plus », elle a entamé mon processus de délivrance. Elle m'a ouvert à tout un monde de possibilités. Enfin, elle me donnait la chance de respirer et devenir un être à part entière.

Je n'ai jamais été maltraitée à l'école. A quelques reprises, j'ai vécu du rejet, sans plus ni moins. Ce n'est pas cette douleur qui est marquante de mon passage à l'école mais plutôt l'incompréhension que j'avais face à celle-ci et à l'existence humaine. Je ne comprenais pas qu'est-ce qu'on faisait là ? La race humaine ne sert à rien alors à quoi bon être assise sur un banc d'école? Je nous trouvais tellement inutiles en tant qu'êtres humains, je n'avais aucune explication, je ne recevais aucune réponse à savoir à quoi nous servions dans l'univers, alors d'être assise-là était, pour moi, un non-sens. L’école ne nous permet pas d’approfondir sur notre «être», elle nous permet seulement de nous étouffer, de faire comme tout le monde et de devenir une marque de commerce. Pendant le primaire, tout s'est refoulé mais quand la puberté est arrivée, je suis devenue une vraie bombe. Ma mère est tombée malade, ce qui m'amena à changer 6 fois d'école entre mes 11 ans et mes 13 ans.

Quand j'ai commencé le secondaire (parce que je l'ai fréquenté environ 1 an en recollant les bouts), je m'absentais de mes cours régulièrement, alors, j’ai connu les gangs. Hé oui, la petite fille qui ne voulait que savoir pourquoi l’humain existe en était rendue à consommer des drogues ''douces'' à 11 ans, pour vendre du «chimique» à 13 ans. Honnêtement, mon incompréhension ou plutôt l'absence d'aide et de réponses sur le sens de la vie commençait à me détruire.

Quand ma mère est revenue de sa maladie et qu'elle a vue où j’en étais rendue, elle m'a sortie de l'école et de toute cette merde qu'était ma vie en devenir. Vous ne pouvez savoir combien je lui en suis reconnaissante d'avoir eu le courage d'affronter la société et la DPJ alors que ces derniers la menaçait de me mettre en centre fermé jusqu'à 18 ans. Elle m'a redonné ma vie. Ce jour-là, elle m'a dit: « À partir de maintenant, tu es responsable de tout ce qui t'arrive dans ta vie, positif comme négatif» . Elle m'a rendu mon pouvoir sur ma vie, mon autonomie. Tout ce qui allait me manquer de l'école était le plaisir de provoquer, que j’avais très bien appris d'ailleurs.

Suite à cela, j'ai quand même eu une période difficile. Ça m'a pris un bon deux ans à sortir la rage que j'avais en dedans de moi et à commencer à réapprendre à vivre. Je rentrais à 3 heures du matin, «ben maganée», puis ma mère s'assoyait dans son lit, elle s'allumait une cigarette et elle m'écoutait. C'est tout ce dont j'avais besoin: me faire entendre. Ma mère lisait des livres pour être capable de me comprendre et de me guider dans mon cheminement.

À 15 ans, j'ai décidé que tout était fini, ma révolte contre la société prenait fin. J'ai tout lâché, amis, chum, travail (parce que je travaillais 45 heures/ semaine dans un resto depuis mes 13 ans) et je suis allée faire une thérapie (désintoxication de free base). J'étais prête à assumer parfaitement ma responsabilité face à mon avenir. Je n'oublierai jamais le jour où j'ai fait virer mon bateau et j'ai mis un nouveau cap sur ma vie. Cette force, elle était à moi et à moi seule car j'en étais responsable, ma mère m’avait donné ce pouvoir en me rendant responsable de ma vie. Depuis, j'utilise la même force dans tout ce que j'entreprends et je réussis tout ce que je veux réussir. Ce n’est pas compliqué, j'ai le pouvoir sur ma vie.

Maintenant, vous comprendrez que quand on ose me dire que l’école prépare à la vie, je ne suis pas du tout de cet avis.

Permettez à votre enfant de vivre, de se découvrir, d’aimer la vie. Tout simplement, donner le pouvoir à votre enfant sur sa vie et la vie lui appartiendra.

Si c'est nécessaire la matière scolaire ? Personnellement, ça m'a pris un an et demi à refaire une partie de mon primaire, faire mon secondaire et avoir mes préalables requis pour le Cégep. Qu’en pensez-vous ???

Je souhaite de tout mon cœur que les parents qui aiment leurs enfants les approuvent. Alors, ils seront libres pour la vie!

Savane

samedi 12 avril 2008

Conte pour parents - 5

5.
Histoire des sciences

Dans les temps anciens, le monde entier allait à l'école.
Les cailloux, les plantes et tous les animaux allaient à l'école.
Les plus vieux apprenaient au plus jeunes comment se défendre et bien manger.
Les plus jeunes apprenaient au plus vieux à garder l'esprit ouvert et alerte.
Un baobab pouvait donner un cours de botanique à un jeune léopard,
Un caillou pouvait enseigner la méditation à des petits moineaux,
Le vent apprenait la danse à de jeunes flocons de neige
et le feu enseignait la magie.
On pouvait prendre des cours de self-défense avec un maître cactus,
des leçons de chant avec un rossignol
ou découvrir la géographie avec un pingouin.
Chacune et chacun choisissait quand, où, comment et avec qui apprendre.
Et tout le monde aimait l'école. C'était la grande école de la vie.
D'ailleurs ça ne s'appelait même pas l'école, ça s'appelait la vie !
et on ne disait pas "apprendre”, on disait "respirer”!

Puis un animal fier de lui-même, appelé homo sapiens tomba d'un arbre et
déclara un jour:« ça y est je sais tout !et je le sais mieux que tout le monde! »
Et il se nomma lui même « Grand Maître d'École »

Il découpa toute sa science en petits morceaux et se mit à faire la leçon en
distribuant de ces petits morceaux de savoir à qui voulait l'entendre.
Hors, il se trouva que personne ne voulait l'entendre.
Il essaya de donner des leçons de morale aux cailloux.
Mais les cailloux n'entendait rien à ce discours.
Il se mit à donner des cours d'économie aux oiseaux. Mais les oiseaux
voltigeaient à droite à gauche en n'ayant rien à faire des lois du marché.
Puis il essaya d'inculquer des notions d'éducation civique aux arbres, mais
les arbres faisaient la sourde oreille.
Un jour il voulut apprendre la politesse au feu et il se brûla les doigts.
Après quoi il faillit se noyer en tentant d'initier un fleuve à la discipline.
Ces cours d'arithmétique aux étoiles furent un vrai fiasco.
Et le vent n'a jamais suivi aucune de ses leçons de géopolitique.

Dés lors l'homo sapiens décida de se couper du monde et d'enseigner
n'importe quoi à ses propres enfants.
Mais ses enfants préféraient aller prendre des cours à l'école de la vie.
Alors il fit construire une prison pour enfants interdite aux animaux, aux
plantes et aux cailloux. Interdite au vent, et aux étoiles.
Les arrières arrières petits enfants de cet homo sapiens continuent de perdre
leur jeunesse dans la prison du maître d'école.
Alors que le monde autour d'eux continue de transmettre toutes sortes
d'enseignements vivants dans la grande école de la vie.


auteur (e): anonyme
source:tomatepoivron.org

jeudi 10 avril 2008

Conte pour parents - 4

4.
Travaux pratiques

Un autre jour, dans une autre école, le professeur avait demandé à ses élèves
ce qu'illes (ils/elles) pensaient de leur école. En disant d'abord ce qu'illes aimaient bien
et ensuite ce qu'illes n'aimaient pas.
– « Ce qui est bien dans l'école c'est qu'on apprend des tas de trucs...
– Et puis on peut se faire des copines et des copains...
– Et pendant la récré on peut jouer à cache-cache,
ou à chats perchés,
ou à
saute-mouton,
ou à la déli-délo,
ou à la balle au prisonnier ou à poule-renard-vipère...

– Et qu'est ce que vous n'aimez pas ?

– Moi ce que j'aime pas dans l'école c'est qu'on soit obligée d'y aller...
Et puis il faut se lever le matin et le cartable est trop lourd...
et puis il y a trop de devoir et trop de trucs à apprendre !
– et il faut rester assise tout le temps et on peut rien se dire pendant les cours!
– et il faut lever le doigt pour aller pisser...
– et on a pas le droit de penser différemment...
– et il faut obéir au prof...
– et faire tout ce qu'on nous dit et dire "oui monsieur”, "s'il vous plait madame”
– et on peut pas courir dans les couloirs...
– et on doit rester en rang par deux...
– et y a trop de contrôles !
– et moi j'aime pas les mathématiques !
– et moi j'aime bien dormir !
– et à la cantine c'est trop pas bon !
– et y a pas assez d'arbres dans la cour...
– et la déco elle est trop nulle !
– et puis y a des barreaux aux fenêtres...
– et les néons ils font mal aux yeux...
– et ça pue dans les toilettes !
– et les chaises, elles font mal au dos !
– et les divisions c'est trop difficile !
– et puis on s'ennuie à mourir...
– et les livres à lire sont beaucoup trop longs !
– et la grammaire personne n'y comprend rien !
– et l'exception doit confirmer la règle...
– et les cancres doivent confirmer les bons élèves...
– et moi je confirme que c'est débile !
– et moi j'ai peur d'avoir l'air idiote...
– et moi j'ai peur de me faire gronder.
– et moi j'ose pas dire ce que je pense.
– et moi j'ai tout le temps peur à l'école.
– et les vacances sont beaucoup trop courtes !
– et nous on est là enfermés toute la journée alors qu'il fait beau dehors !
– et on doit apprendre des trucs par coeur alors que c'est la guerre dans le
monde !
et la liste des trucs pas bien ne s'arrêtait pas... alors le professeur est
devenu tout pâle et puis il a dit pour de vrai:
« Bon et bien, nous allons faire une expérience: à partir de maintenant
faites tout ce que vous avez envie... »
Il y a eu un petit moment très court où personne n'a bougé... Et tout d'un
coup il y en a un qui a explosé au dernier rang en criant « WAHOU ! » et il
est sorti en sautant sur les tables.
Alors tous les enfants ont regardés le professeur pour voir si c'était vrai ce
qu'il avait dit et le professeur les a regardés l'air de dire: « et bien ? Qu'est
ce que vous attendez ? Allez-y! »
C'est à ce moment là que tous les enfants ont sautés de joie en hurlant et en
chantant et puis sont sortis de l'école pour faire ce qu'ils avaient envie:
Il y en avait qui avait envie d'aller se baigner, d'autres voulait parcourir le
monde, d'autres voulait passer du temps à jouer avec leurs amis, d'autres
encore voulaient simplement sauter partout en poussant des cris bizarres.
Un seul enfant était resté dans la classe car il avait envie d'être avec le professeur
« Et voilà c'est l'anarchie ! dit le professeur
­Qu'est-ce que c'est l'anarchie ? demanda l'enfant
­L'anarchie c'est, si tu veux, quand plus rien n'est obligatoire...
­ha c'est ça ? Alors moi j'aime bien l'anarchie...
­Et bien il se trouve que moi aussi ! » fit le professeur. Et il souriait.

auteur(e): anonyme

source: http://tomate.poivron.org/

lundi 5 mars 2007

L'École des Animaux

L’École des Animaux - Un Conte


Il était une fois, une école pour les animaux. On y enseignait quatre sujets – courir, grimper, voler et nager – et tous les animaux devaient se consacrer à ces activités.

Le canard nageait très bien, même mieux que le professeur. Il réussissait facilement à courir et à voler, mais il était lamentable quand il s’agissait de grimper. Alors, on le fit abandonner ses cours de natation afin qu’il se consacre davantage à l’art de grimper. Il ne fut bientôt plus qu’un nageur moyen. Mais être moyen, c’est bien, alors personne ne s’en inquiéta, sauf le canard.

L’aigle était un emmerdeur. Lorsqu’il devait grimper, il arrivait toujours le premier au sommet de l’arbre, mais il avait sa façon à lui d’y parvenir, ce qui n’était pas permis. Il restait toujours en pénitence après l’école, et devait écrire 500 fois « C’est mal de tricher ». Ceci l’empêchait de s’envoler dans les cieux, ce qu’il adorait faire. Mais le travail scolaire passe avant tout.

L’ours rata son année parce qu’on disait qu’il était paresseux, surtout en hiver. Pour lui, le meilleur temps, c’était l’été, mais il n’y avait pas d’école l’été.

Le pingouin ne fréquenta jamais l’école parce qu’il ne pouvait pas quitter son pays et on refusa d’ouvrir une école là ou il vivait.

Le zèbre faisait souvent l’école buissonnière. Les chevaux se moquaient de ses rayures, ce qui le rendait très triste.

Le kangourou fut en tête de classe en course mais finit par se décourager à force d’essayer de courir à quatre pattes comme tous les autres élèves.

Le poisson décrocha de l’école parce qu’il s’ennuyait. Pour lui, les quatre sujets étaient tous pareils, mais personne ne comprenait. Ils n’étaient pas des poissons, eux.

L’écureuil obtenait des « A » quand il grimpait mais son professeur de vol le fit partir du pied de l’arbre au lieu du sommet. Alors à force de pratiquer des décollages, ses jambes s’affaiblirent et il commença a avoir des « C » et des « D » en course.

Mais c’est l’abeille qui leur causait le plus de problèmes. Alors le professeur l’envoya se faire tester par le Docteur Hibou. Docteur Hibou dit que les ailes de l’abeille étaient carrément trop petites pour voler, et de plus, elles étaient mal placées. L’abeille, pour sa part, ne vit jamais le rapport de Docteur Hibou et continua quand même de voler.

***********
Gaia écrit maintenant sur son blog personnel Apprentissage Infini

lundi 26 février 2007

Un monde sans prison ?
par Albert Jacquard, collection Point


Les processus d’éducation utilisent volontiers l’émulation comme principal ressort de l’effort nécessaire à l’apprentissage. Pour contrebalancer une éventuelle prédisposition à une paresse «naturelle», ils jouent dangereusement sur le désir de faire aussi bien que les camarades, au risque de dériver sur celui de les éclipser pour être le «meilleur». L’émulation se transforme alors en compétition. Il ne s’agit plus de plaisir d’avancer ensemble mais d’être reconnu à tout prix. S’il faut «un premier», il faut «un dernier». Le système éducatif devient alors un champ clos où il faut l’emporter sur les autres et, pour cela, essentiellement, aller plus vite que les autres dans l’absorption du programme. Le résultat est la fabrication en série d’intelligences d’autant plus appréciées qu’elles sont conformes à un modèle préétabli, ce qui ne va guère dans le sens de la nécessaire et naturelle diversité des esprits.

L’inconvénient le plus grave d’un tel mécanisme est de persuader chaque enfant qu’il faut devenir un «gagnant», c’est-à-dire quelqu’un capable de transformer els autres en perdants. Le maître mot est «compétition». Tout est bon pour améliorer la compétitivité. Un des signes les plus clairs de cette perversion de l’objectif est, en France, l’obsession de la réussite au baccalauréat. Il semble que la seule finalité des études soit de réussir, et le plus vite possible, cet examen. La remarque récente de professeurs au cours d’un conseil de classe est révélatrice.

Apprenant que certains de leurs élèves étaient allés assister dans une ville voisine è une conférence sur la génétique, ils ont pronostiqué leur prochain échec au bac; échec selon eux mérité car ils «s’intéressent à trop de choses». À la suite de ce conseil, devenu un véritable tribunal, certains parents ont interdit à leurs enfants de poursuivre leur participation à un club de réflexion sur la biologie ou à une troupe théâtrale. Une seule consigne : «Passe ton bas d’abord; après, on verra.» Mais après, il faudra entrer en fac ou préparer une «grande école», puis trouver un travail, puis songer à sa carrière, puis «réussir», puis se préparer à l’inévitable échec final qu’est la mort. Peut-on imaginer un système plus violent?

S’élever contre cette violence ne signifie pas laisser libre cours à la paresse, ou promouvoir une école du laxisme. Il s’agit de faire appel, pour motiver les efforts nécessités par la construction d’une intelligence, à d’autres motifs que le désir de l’emporter sur l’autres. Les enfants se posent instantanément la question essentielle : «Que faire de ma vie?» Le rôle de l’éducateur est de leur en faire comprendre la brièveté; il ne faut pas perdre de temps. Mais lutter contre l’écoulement trop rapide des années qui nous sont données n’est pas lutter contre ceux qui nous entourent. Transformer sa vie en une course qu’il faudrait gagner revient à la vider de tout contenu; elle ne génère plus que l’éphémère satisfaction d’aller toujours plus vite, jusqu’à la chute finale.

Revenons à notre définition de l’homme : non un être doté d’une double nature, mais un être bénéficiant d’une double source, l’une biologique, l’autre culturelle faite de ses semblables. Dans la ligne de cette définition l’objectif du système éducatif est de faire de chacun un membre à part entière de la collectivité. Il est véritablement la deuxième source, dont chaque être humain a besoin pour devenir une personne. Tout ce qui ne va pas dans le sens de cet objectif constitue une violence à l’égard de l’enfant et à l’égard de la société.

Ce système est organisé aujourd’hui en France de telle façon que la moitié de chaque classe d’âge est considérée comme étant en échec scolaire». Or cet échec ne devrait pas être vu comme celui de l’enfant; il est celui du système. Un système qui fait croire à ces jeunes qu’ «ils n’étaient pas faits pour les études», qu’ils sont inutilisables, irrécupérables. La leçon qu’ils tirent de cet échec est le mépris d’eux-mêmes, un mépris si difficile à supporter qu’ils le transforment en un mépris diffus pour la société. De ce mépris à un désir de vengeance, le passage est facile. Au bout du chemin, l’école leur aura appris la violence.


(extrait : Les enfants d’abord, no, 29, Automne 1997)

dimanche 18 février 2007

Complices des Enfants
par Léandre Bergeron

Les parents sont des gens dangereux. Mais, les éducateurs le sont davantage car ils n’ont aucun engagement profond vis-à-vis l’enfant. Il n’ont que leurs petits intérêts représentés par leur salaire. Entre deux maux, au nom de nos enfants, choisissons le moindre. Comme parents, tout dangereux que nous sommes, assumons l’entière responsabilité de l’épanouissement de nos enfants. Ne la refilons pas à d’autres, car, alors, ce n’est pas l’épanouissement mais la catastrophe. Assumer cette responsabilité c’est refuser la rupture qui se produit quand, en tant qu’adulte, nous laissons s’infiltrer entre nous et l’enfant, la destructive pensée de ce que l’enfant doit être, doit savoir. (Évidemment, tant et tant d’adultes ne peuvent même pas sentir le danger de cette rupture, car ils sont en perpétuel était de séparation avec eux-mêmes, avec les autres, avec leurs enfants. Et les enfants sont alors objets, à posséder, à contrôler, à mettre en boîte, une pâte visqueuse à modeler selon un idéal social, aberrant par définition.)

L’école est, par définition, cette rupture. On nous kidnappe nos enfants pendant les meilleurs heures de la journée pour nous les rendre, tout croches, épuisés, et « Occupez-vous-en maintenant car demain on recommence. L’enfant dit « Je ne veux pas aller à l’école ». Il ne veut pas cette rupture, cette séparation, ce déchirement. Il pleure, il crie. Si on s’est habitué aux pleurs, aux cris de nos enfants, si on est soi-même « éducateur », si on a soi-même embarqué dans l’idéologie du divorce, du devrait être, on dit : « C’est un caprice. Marche à l’école ». Ou on le cajole avec du nanan. À l’américaine, on dore la pilule en disant : « Come on, Johnny, school is fun! Mais si on n’a pas embarqué dans cette machination aliénante, on dit à l’enfant : « Tu as raison. Reste avec moi. » Mais alors, grands dieux, son éducation?!! Et la peur renaît. Que faire ?

Faire son « éducation » à la maison? Faire la même chose qu’à l’école mais en dorant la pilule ? Se fendre en quatre pour rencontrer les soi-disant normes de l’écoles ? * Et se retrouver en bout de ligne, épuisés, avec à peu près les mêmes résultats ? Non, merci. Si, comme être humains, on a refusé la rupture avec ceux qui sont sortis de nos corps, nos, enfants; si on est soi-même assez décroûté pour écouter nos enfants quand ils nous parlent pour nous dire qu’ils ne veulent pas se faire traiter comme des chiens savants, alors là, on fiche par-dessus bord tous les programmes, toutes les « normes », toutes les incessantes comparaisons, les tests, les appareils de torture de l’esprit humain; on se vide de tous ces schémas conformistes, ces cadres de pensée qui emprisonnent et l’on embrasse son enfant et la vie. Et on l’écoute.

On ne lui dit plus : « Il faut que tu saches ceci à ton âge, etc. » On rompt définitivement avec le devrait savoir, le devrait être, le devrait penser, le devrait faire. On lui fiche la paix. On le respecte. On voit à son bien-être, c’est-à-dire qu’on devient son complice. Ensemble, on est complices, envers et contre tout et tous s’il le faut. Et là, tout change.

Quand l’enfant sent dans la profondeur de son être que l’adulte dont il dépend pour survivre n’est pas son geôlier mais son complice dans l’action de vivre, il veut tout savoir, tout apprendre, tout connaître, mais en temps et lieu. Et il s’ouvre comme une fleur au soleil. Et là, plus d’effort. Tout vient. Ses questions surgissent. Et on répond à toutes ses questions dans l’humilité car, en fait, on en sait pas grand-chose. Et quand il pose des questions auxquelles il n’y a pas de réponse, on partage avec lui la question sans réponse. « Qui a créé le monde? » Aucun être humain un peu sensé ne donnera de réponse à cette question. On partage le « je ne sais pas » et dans ce partage du « je ne sais pas », non pas la peur, mais l’émerveillement, qui est le premier pas vers la sagesse. Ceux qui savent, ne savent rien. Ils croient savoir. Ils « s’expliquent » le monde avec des formules pour se rassurer. De la poudre aux yeux. Regardez aller nos intellectuels dans tous les domaines. Ils croient savoir et quel désastre ils ont fait et continuent de faire de ce monde.

Nos intellos ont créé des camps de concentration appelés écoles où l’on concentre notre jeunesse dans des abstractions, loin de la vraie vie tout en leur racontant qu’on les prépare à la vie. Concentre 20, 30 enfants dans une boîte de béton avec un intello qui croit savoir et monnaie ce petit « savoir » au nom de l’ « instruction publique », quelle indécence ! Nos enfants veulent embrasser le monde, la vie, et on leur offre des blocs de béton fluo à regarder avec un clown, devant, qui se démène dans l’abstrait. Conditionnés à l’école à n’être que des voyeurs à travers l’abstraction de la langue et des gadgets pédagogiques, il n’est pas surprenant qu’abrutis de la sorte ils soient, à la maison, voyeurs de télévision et dans la rue, des vandales. L’école produit les vandales et les drogués qui encombrent les rues des villes comme elle produit ceux qui réussissent, ces autres drogués, mais légitimes ceux-là, droguées de petits pouvoirs sur les autres, politiciens, entrepreneurs, administrateurs, professionnels.

On a dit, il y a cent ans : « Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons. » Belle illusion de fin dix-neuvième. On bâtit toujours autant de centres de détention qu’on bâtit d’écoles, et les prisons sont tellement pleines que s’il fallait détenir tous ceux que la « justice » veut enfermer, on y retrouverait à peu près en nombre l’équivalent de la population scolaire actuelle. La détention de nos enfants dans les écoles est un crime contre l’humanité.

On détient nos enfants au nom de leur éducation, mais, en fait, quelle est cette « éducation »? C’est d’abord et avant tout l’obéissance. On leur apprend à se soumettre. Autrefois, c’était se soumettre aux diktats de l’église. Aujourd’hui, c’est aux diktats de l’état. Changement de costume, c’est tout. Mais toujours le même terrorisme. « Si tu sais pas ceci, cela, t’auras jamais de job! » On fait peur aux enfants pour qu’ils se soumettent. Or, la soumission au régime de l’État et de la « bonne » société qui en contrôle les rouages est un dressage social, dressage de petits singes savants qui doivent fonctionner dans cette société pourrie d’ambition, de cupidité et d’égoïsme éhonté, cancers sociaux causés eux-mêmes par la peur, la peur de ne pas être, de ne pas être quelqu’un, de ne pas être accepté, etc.

L’école se sert donc de la peur pour perpétuer le régime de la peur. L’école perpétue le cercle vicieux. Elle joue bien son rôle. Or, il semble qu’au fond de nous-mêmes nous sentons que nous ne sommes pas nés pour n’être que des singes plus ou moins savants (cela tous les décrocheurs le manifestent instinctivement). Il semble que, si nous sommes nés pour quelque chose, c’est bien pour la liberté. Parmi toutes les « libertés » que nous cherchons, il s’agit de la fondamentale, se libérer de la peur. Pour briser le cercle vicieux et infernal de la peur, il faut le briser quelque part et ce lieu est en soi-même. Cela fait, les évidences sautent aux yeux et on voit que si la nature a été assez généreuse pour nous donner charge d’enfants, il va de soi qu’on ne va pas les soumettre à un régime de peur. On ne les envoie pas à l’école. On s’en charge soi-même. On leur permet de se développer dans la liberté.

S’en charger soi-même c’est vraiment se décharger du poids des conformismes, des devrait être, devrait savoir, devrait faire. Et on se rend compte du poids qu’ils sont quand on les met à terre. On se sent léger, rajeuni. Comme les enfants eux-mêmes (s’ils ne les portent pas déjà). La complicité s’installe. On fait confiance aux enfants. Et on découvre en eux un sens de la vérité plus fort que chez n’importe quel philosophe patenté; un sens de la justice qui ferait pâlir la Cour Suprême; un sens de l’honnêteté à faire frémir tous les politiciens, un sens de la beauté qui met au rancart toutes ces « expressions artistiques » sonores, visuelles, littéraires; un sens moral qui est vitriol sur le masque des bien-pensants, une générosité à faire rougir les preux chevaliers d’antan.

Quand on se rend compte du potentiel de changement social que représentent les enfants qui ne subissent pas la rupture, on comprend pourquoi la société adulte, pétrie de peur qui amène avarice, lâcheté, bassesse, soumission, s’imposerait de mettre au pas par son système scolaire ces agent libres que sont nos enfants à leur arrivée parmi nous.

Et on comprend mieux les paroles d’un décroché qui a dit en passant : « Si vous ne redevenez pas comme les enfants, you’re going nowhere. »


* Note LEMAQ : Où pour rencontrer les procédures suggérées par une association provinciale ?

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Gaia écrit maintenant sur son blog personnel Apprentissage Infini