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jeudi 7 août 2008

Libre pour la vie

Il me fait plaisir de partager le tout début de mon évolution vers la liberté ainsi que le chemin qui m’y a conduit. Il y a tout un bagage en arrière de cela. Je ne sais pas si j'arriverai à bien tout communiquer afin que vous compreniez vraiment ce qui s'est passé mais j’ose le faire pour le bien-être de nos enfants.

La solitude, ça fait très longtemps que je la vis. Mes souvenirs d'enfance sont marqués d'incompréhensions et de solitudes, mes questionnements n'ont pas été nourris mais plutôt étouffés. Ma mère a toujours reconnu ma différence sans toutefois savoir comment s'y prendre avec moi mais je peux dire que le jour où elle m'a dit:
« TERMINÉ l'école ! Fini, tu n'y retournes plus », elle a entamé mon processus de délivrance. Elle m'a ouvert à tout un monde de possibilités. Enfin, elle me donnait la chance de respirer et devenir un être à part entière.

Je n'ai jamais été maltraitée à l'école. A quelques reprises, j'ai vécu du rejet, sans plus ni moins. Ce n'est pas cette douleur qui est marquante de mon passage à l'école mais plutôt l'incompréhension que j'avais face à celle-ci et à l'existence humaine. Je ne comprenais pas qu'est-ce qu'on faisait là ? La race humaine ne sert à rien alors à quoi bon être assise sur un banc d'école? Je nous trouvais tellement inutiles en tant qu'êtres humains, je n'avais aucune explication, je ne recevais aucune réponse à savoir à quoi nous servions dans l'univers, alors d'être assise-là était, pour moi, un non-sens. L’école ne nous permet pas d’approfondir sur notre «être», elle nous permet seulement de nous étouffer, de faire comme tout le monde et de devenir une marque de commerce. Pendant le primaire, tout s'est refoulé mais quand la puberté est arrivée, je suis devenue une vraie bombe. Ma mère est tombée malade, ce qui m'amena à changer 6 fois d'école entre mes 11 ans et mes 13 ans.

Quand j'ai commencé le secondaire (parce que je l'ai fréquenté environ 1 an en recollant les bouts), je m'absentais de mes cours régulièrement, alors, j’ai connu les gangs. Hé oui, la petite fille qui ne voulait que savoir pourquoi l’humain existe en était rendue à consommer des drogues ''douces'' à 11 ans, pour vendre du «chimique» à 13 ans. Honnêtement, mon incompréhension ou plutôt l'absence d'aide et de réponses sur le sens de la vie commençait à me détruire.

Quand ma mère est revenue de sa maladie et qu'elle a vue où j’en étais rendue, elle m'a sortie de l'école et de toute cette merde qu'était ma vie en devenir. Vous ne pouvez savoir combien je lui en suis reconnaissante d'avoir eu le courage d'affronter la société et la DPJ alors que ces derniers la menaçait de me mettre en centre fermé jusqu'à 18 ans. Elle m'a redonné ma vie. Ce jour-là, elle m'a dit: « À partir de maintenant, tu es responsable de tout ce qui t'arrive dans ta vie, positif comme négatif» . Elle m'a rendu mon pouvoir sur ma vie, mon autonomie. Tout ce qui allait me manquer de l'école était le plaisir de provoquer, que j’avais très bien appris d'ailleurs.

Suite à cela, j'ai quand même eu une période difficile. Ça m'a pris un bon deux ans à sortir la rage que j'avais en dedans de moi et à commencer à réapprendre à vivre. Je rentrais à 3 heures du matin, «ben maganée», puis ma mère s'assoyait dans son lit, elle s'allumait une cigarette et elle m'écoutait. C'est tout ce dont j'avais besoin: me faire entendre. Ma mère lisait des livres pour être capable de me comprendre et de me guider dans mon cheminement.

À 15 ans, j'ai décidé que tout était fini, ma révolte contre la société prenait fin. J'ai tout lâché, amis, chum, travail (parce que je travaillais 45 heures/ semaine dans un resto depuis mes 13 ans) et je suis allée faire une thérapie (désintoxication de free base). J'étais prête à assumer parfaitement ma responsabilité face à mon avenir. Je n'oublierai jamais le jour où j'ai fait virer mon bateau et j'ai mis un nouveau cap sur ma vie. Cette force, elle était à moi et à moi seule car j'en étais responsable, ma mère m’avait donné ce pouvoir en me rendant responsable de ma vie. Depuis, j'utilise la même force dans tout ce que j'entreprends et je réussis tout ce que je veux réussir. Ce n’est pas compliqué, j'ai le pouvoir sur ma vie.

Maintenant, vous comprendrez que quand on ose me dire que l’école prépare à la vie, je ne suis pas du tout de cet avis.

Permettez à votre enfant de vivre, de se découvrir, d’aimer la vie. Tout simplement, donner le pouvoir à votre enfant sur sa vie et la vie lui appartiendra.

Si c'est nécessaire la matière scolaire ? Personnellement, ça m'a pris un an et demi à refaire une partie de mon primaire, faire mon secondaire et avoir mes préalables requis pour le Cégep. Qu’en pensez-vous ???

Je souhaite de tout mon cœur que les parents qui aiment leurs enfants les approuvent. Alors, ils seront libres pour la vie!

Savane

samedi 12 avril 2008

Conte pour parents - 5

5.
Histoire des sciences

Dans les temps anciens, le monde entier allait à l'école.
Les cailloux, les plantes et tous les animaux allaient à l'école.
Les plus vieux apprenaient au plus jeunes comment se défendre et bien manger.
Les plus jeunes apprenaient au plus vieux à garder l'esprit ouvert et alerte.
Un baobab pouvait donner un cours de botanique à un jeune léopard,
Un caillou pouvait enseigner la méditation à des petits moineaux,
Le vent apprenait la danse à de jeunes flocons de neige
et le feu enseignait la magie.
On pouvait prendre des cours de self-défense avec un maître cactus,
des leçons de chant avec un rossignol
ou découvrir la géographie avec un pingouin.
Chacune et chacun choisissait quand, où, comment et avec qui apprendre.
Et tout le monde aimait l'école. C'était la grande école de la vie.
D'ailleurs ça ne s'appelait même pas l'école, ça s'appelait la vie !
et on ne disait pas "apprendre”, on disait "respirer”!

Puis un animal fier de lui-même, appelé homo sapiens tomba d'un arbre et
déclara un jour:« ça y est je sais tout !et je le sais mieux que tout le monde! »
Et il se nomma lui même « Grand Maître d'École »

Il découpa toute sa science en petits morceaux et se mit à faire la leçon en
distribuant de ces petits morceaux de savoir à qui voulait l'entendre.
Hors, il se trouva que personne ne voulait l'entendre.
Il essaya de donner des leçons de morale aux cailloux.
Mais les cailloux n'entendait rien à ce discours.
Il se mit à donner des cours d'économie aux oiseaux. Mais les oiseaux
voltigeaient à droite à gauche en n'ayant rien à faire des lois du marché.
Puis il essaya d'inculquer des notions d'éducation civique aux arbres, mais
les arbres faisaient la sourde oreille.
Un jour il voulut apprendre la politesse au feu et il se brûla les doigts.
Après quoi il faillit se noyer en tentant d'initier un fleuve à la discipline.
Ces cours d'arithmétique aux étoiles furent un vrai fiasco.
Et le vent n'a jamais suivi aucune de ses leçons de géopolitique.

Dés lors l'homo sapiens décida de se couper du monde et d'enseigner
n'importe quoi à ses propres enfants.
Mais ses enfants préféraient aller prendre des cours à l'école de la vie.
Alors il fit construire une prison pour enfants interdite aux animaux, aux
plantes et aux cailloux. Interdite au vent, et aux étoiles.
Les arrières arrières petits enfants de cet homo sapiens continuent de perdre
leur jeunesse dans la prison du maître d'école.
Alors que le monde autour d'eux continue de transmettre toutes sortes
d'enseignements vivants dans la grande école de la vie.


auteur (e): anonyme
source:tomatepoivron.org

jeudi 10 avril 2008

Conte pour parents - 4

4.
Travaux pratiques

Un autre jour, dans une autre école, le professeur avait demandé à ses élèves
ce qu'illes (ils/elles) pensaient de leur école. En disant d'abord ce qu'illes aimaient bien
et ensuite ce qu'illes n'aimaient pas.
– « Ce qui est bien dans l'école c'est qu'on apprend des tas de trucs...
– Et puis on peut se faire des copines et des copains...
– Et pendant la récré on peut jouer à cache-cache,
ou à chats perchés,
ou à
saute-mouton,
ou à la déli-délo,
ou à la balle au prisonnier ou à poule-renard-vipère...

– Et qu'est ce que vous n'aimez pas ?

– Moi ce que j'aime pas dans l'école c'est qu'on soit obligée d'y aller...
Et puis il faut se lever le matin et le cartable est trop lourd...
et puis il y a trop de devoir et trop de trucs à apprendre !
– et il faut rester assise tout le temps et on peut rien se dire pendant les cours!
– et il faut lever le doigt pour aller pisser...
– et on a pas le droit de penser différemment...
– et il faut obéir au prof...
– et faire tout ce qu'on nous dit et dire "oui monsieur”, "s'il vous plait madame”
– et on peut pas courir dans les couloirs...
– et on doit rester en rang par deux...
– et y a trop de contrôles !
– et moi j'aime pas les mathématiques !
– et moi j'aime bien dormir !
– et à la cantine c'est trop pas bon !
– et y a pas assez d'arbres dans la cour...
– et la déco elle est trop nulle !
– et puis y a des barreaux aux fenêtres...
– et les néons ils font mal aux yeux...
– et ça pue dans les toilettes !
– et les chaises, elles font mal au dos !
– et les divisions c'est trop difficile !
– et puis on s'ennuie à mourir...
– et les livres à lire sont beaucoup trop longs !
– et la grammaire personne n'y comprend rien !
– et l'exception doit confirmer la règle...
– et les cancres doivent confirmer les bons élèves...
– et moi je confirme que c'est débile !
– et moi j'ai peur d'avoir l'air idiote...
– et moi j'ai peur de me faire gronder.
– et moi j'ose pas dire ce que je pense.
– et moi j'ai tout le temps peur à l'école.
– et les vacances sont beaucoup trop courtes !
– et nous on est là enfermés toute la journée alors qu'il fait beau dehors !
– et on doit apprendre des trucs par coeur alors que c'est la guerre dans le
monde !
et la liste des trucs pas bien ne s'arrêtait pas... alors le professeur est
devenu tout pâle et puis il a dit pour de vrai:
« Bon et bien, nous allons faire une expérience: à partir de maintenant
faites tout ce que vous avez envie... »
Il y a eu un petit moment très court où personne n'a bougé... Et tout d'un
coup il y en a un qui a explosé au dernier rang en criant « WAHOU ! » et il
est sorti en sautant sur les tables.
Alors tous les enfants ont regardés le professeur pour voir si c'était vrai ce
qu'il avait dit et le professeur les a regardés l'air de dire: « et bien ? Qu'est
ce que vous attendez ? Allez-y! »
C'est à ce moment là que tous les enfants ont sautés de joie en hurlant et en
chantant et puis sont sortis de l'école pour faire ce qu'ils avaient envie:
Il y en avait qui avait envie d'aller se baigner, d'autres voulait parcourir le
monde, d'autres voulait passer du temps à jouer avec leurs amis, d'autres
encore voulaient simplement sauter partout en poussant des cris bizarres.
Un seul enfant était resté dans la classe car il avait envie d'être avec le professeur
« Et voilà c'est l'anarchie ! dit le professeur
­Qu'est-ce que c'est l'anarchie ? demanda l'enfant
­L'anarchie c'est, si tu veux, quand plus rien n'est obligatoire...
­ha c'est ça ? Alors moi j'aime bien l'anarchie...
­Et bien il se trouve que moi aussi ! » fit le professeur. Et il souriait.

auteur(e): anonyme

source: http://tomate.poivron.org/

vendredi 29 juin 2007